Cameroun - Kildadi Boukar (gouverneur de l’Adamaoua): «Il y a eu 72 personnes enlevées en 2017 dans notre région»

Par Jean-M NKOUSSA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Jan-2018 - 13h18   3480                      
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Kildadi Taguiéké Boukar, Gouverneur de la Région de l'Adamaoua Archives
Dans une interview parue dans L’Œil du Sahel en kiosque le 8 janvier 2018, le gouverneur de l’Adamaoua revient sur le phénomène de prise d’otages dans sa région.

Question : Quelle a été la situation sécuritaire dans l’Adamaoua en 2017 ?

Kildadi Boukar : Ce problème nous a préoccupés, car beaucoup de défis étaient liés à cet aspect. Notre région a toujours été confrontée au phénomène d’enlèvements, de prises d’otages avec demande de rançon, ainsi qu’à la criminalité tant au centre urbain qu’en zone rurale. Pour parler de bilan, nous pouvons dire qu’au cours de l’année 2017, ce bilan est largement positif. Nous avons réussi à réduire le pic qui existait auparavant dans les années 2014-2015. On parle de 46 cas d’enlèvement concernant 72 personnes en 2017. Dans la plupart des cas, les personnes qui ont été prises en otage, ont été relaxées et sont rentrées dans leurs familles. Quelques fois, les familles ont payé des rançons pour obtenir la libération des leurs. Mais la grande majorité a été l’œuvre de nos forces de défense et sans rançon versée. Relativement aux années antérieures, notre bilan est largement positif.

Question : Début 2017, vous avez organisé une rencontre avec les chefs traditionnels. Etes-vous satisfait de leurs contributions dans la lutte contre les preneurs d’otage ?

Kildadi Boukar : Absolument ! Cette réunion nous a permis d’établir une synergie et une mutualisation des efforts. La lutte a été menée avec les chefs traditionnels, les comités de vigilance, ainsi que nos forces de maintien de l’ordre et l’administration. C’est grâce à cette rencontre que nous avons obtenu ce résultat positif. Je crois que cela a été une très bonne expérience.

Question : On constate qu’il y a de plus en plus de complicités dans les villages favorisant ainsi ce phénomène de prises d’otages. Selon vous, qu’est-ce qu’il y a lieu de faire pour que la donne change véritablement ?

Kildadi Boukar : Je crois que la tâche est rendue difficile en réalité à cause des relais locaux qui existent dans nos villages. Et ce sont ces relais locaux qui guident les malfrats et leur donnent toutes les informations sur nos populations, nos éleveurs. Sur ce plan, nous avons demandé aux chefs traditionnels d’identifier les personnes susceptibles de jouer ce rôle de complicité dans leurs localités. Au jour d’aujourd’hui, ils le font plus ou moins bien et de temps en temps, ils nous signalent quelques suspects. Dès lors que nous avons ces informations qu’il y a des gens qui jouent à la complicité avec les malfrats, nous les prenons et nous les exploitons.

Question : Pour 2018, quelles sont les dispositions prises pour diminuer davantage les prises d’otages dans votre région ?

Kildadi Boukar : Nous allons comme d’habitude mutualiser les énergies, fédérer les efforts des forces de l’ordre, des autorités, des comités de vigilance et des chefs traditionnels. Et nous allons procéder à un maillage systématique de notre région et les différents couloirs qui sont déjà identifiés seront tenus pour ne plus permettre l’infiltration des malfrats. Je crois que cette année est particulière en ce sens que c’est d’abord une année électorale et beaucoup d’enjeu sont à l’ordre du jour. Nous allons véritablement nous déployer sur le terrain de l’insécurité pour permettre que les activités annoncées par le Chef de l’Etat à savoir les échéances électorales puissent se dérouler dans la paix et la sécurité dans notre région.

Auteur:
Jean-M NKOUSSA
 @jmnkoussaCIN
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