Cameroun - Maurice Kamto le 26 janvier 2019 à Douala: «J’ai décidé de me sacrifier pour mes enfants. Nous allons nous battre jusqu’à vous laisser un pays en bon ordre. Ces gens-là ne dormiront plus tranquilles (…)»

Par Pierre Arnaud NTCHAPDA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 29-Jan-2019 - 08h59   6865                      
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Maurice Kamto a Douala - 26/01/2019 Facebook
Alors qu’il était supposé conduire la marche du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) dans la capitale Yaoundé le 26 janvier 2019, Maurice Kamto a été plutôt aperçu à Douala. Le président national du MRC s’est rendu au chevet des manifestants de son parti blessés par et a improvisé une marche au grand carrefour Ndokotti (arrondissement de Douala 3ème) où il s’est adressé à la foule. Le candidat malheureux à l’élection présidentielle du 7 octobre 2018 a remercié ceux qui ont pris part aux marches de protestations et de revendications annoncées.

Il a clamé sa détermination à poursuivre le combat. « Au moment où je vous parle, il ya au moins quatre personnes qui sont dans les hôpitaux, sur qui on a tiré à balles réelles. Mais rien ne doit nous décourager. Notre lutte vient de franchir un nouveau palier. Parce qu’à partir du moment où des gens ont consenti des sacrifices aussi élevés que ceux de leurs vies... Les blessés auraient pu mourir ! D’ailleurs nous ne savons pas quel sera l’état de leur santé d’ici la fin de la journée. Nous ne sommes plus à l’époque où nous disions « gardez votre calme parce que nous croyions avoir affaire à des gens raisonnables, à des dirigeants responsables. Nous avons compris qu’ils n’entendent que le langage de la force ».

Maurice Kamto a cité les exemples du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qu’il assimile à des massacres du régime Biya. Il s’est dit prêt à mourir pour donner à ses enfants et à ceux des autres camerounais un avenir. Le professeur Kamto a invité les autres parents à le rejoindre dans la rue.

 

Ci-dessous l’intégralité du discours de Maurice Kamto à Douala

Je voudrais remercier les populations de Douala, de Bafoussam, de Dschang, de Mbouda de diverses localités du pays qui sont sorties aujourd’hui massivement pour montrer que nous sommes là, que le peuple camerounais est là bien présent. En cette occasion et en cette circonstance particulière, ma pensée va aux premières victimes de notre lutte qui sont tombées aujourd’hui à Douala, mais également dans d’autres localités comme à Yaoundé. Au moment où je vous parle, il ya au moins quatre personnes qui sont dans les hôpitaux, sur qui on a tiré à balles réelles. Mais rien ne doit nous décourager. Notre lutte vient de franchir un nouveau palier. Parce qu’à partir du moment où des gens ont consenti des sacrifices aussi élevés que ceux de leurs vies... Les blessés auraient pu mourir ! D’ailleurs nous ne savons pas quel sera l’état de leur santé d’ici la fin de la journée. Nous ne sommes plus à l’époque où nous disions « gardez votre calme parce que nous croyions avoir affaire à des gens raisonnables, à des dirigeants responsables. Nous avons compris qu’ils n’entendent que le langage de la force.

Dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, ils massacrent. Mais aujourd’hui, et à Douala en particulier, ils ont montré qu’ils sont prêts à poursuivre le massacre. Mais nous sommes tous des citoyens camerounais. Tuez-nous tous ! Ceux qui entretiennent la mort au Nord-Ouest ne doivent pas triompher. Ceux qui ont fait le hold-up électoral ne doivent pas triompher. Ceux qui se nourrissent du sang des Camerounais en volant des dizaines, des centaines de milliards à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations ne doivent pas triompher. Nous avons le droit de dire « non » pour la jeunesse camerounaise, pour nos enfants. C’est pourquoi nous sommes debout. Nous aurions pu rester tranquilles, être avec eux. Mais nous n’avons pas le droit de priver la jeunesse camerounaise d’un avenir. Nous sommes là, nous serons à côté de vous jusqu’au bout. Nous allons nous battre. Aujourd’hui, c’est un point de départ. Dites à vos parents de sortir s’ils vous aiment. Moi aussi je suis un parent. Qu’ils vous laissent à la maison et qu’ils viennent. Nous on doit se sacrifier pour vous. Parce que tout le monde dit « où sont les enfants de Kamto ? » J’ai décidé de me sacrifier pour mes enfants. Nous allons nous battre jusqu’à vous laisser un pays en bon ordre. Ces gens-là ne dormiront plus tranquilles parce que nus allons leur imposer. Tous les meurtres qu’ils commettent, tous les pillages qu’ils commettent…  Non ! Non au hold-up ! Si je meurs aujourd’hui, ne vous contentez pas de m’enterrer et mettre des gerbes de fleurs. Il faudra  continuer la lutte jusqu’au bout.        

Auteur:
Pierre Arnaud NTCHAPDA
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