Cameroun - SDF: Des militants du Centre traduits au conseil de discipline pour avoir exigé l’organisation des élections dans leur Région

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 15-Apr-2017 - 14h02   29564                      
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John Fru Ndi, SDF Archives
En effet, la désignation des principaux dirigeants du parti dans la Région du Centre n’a pas eu lieu depuis deux ans. Les décisions qui seront prises par le conseil de discipline du 21 avril prochain seront soumises à la hiérarchie du parti qui va les valider ou non.

Le Social democratic front (SDF) dans la Région du Centre est au bord de l’éclatement. Un conseil de discipline est prévu, le 21 avril 2017, contre certains militants de cette circonscription. Leur crime: avoir exigé, l’organisation des élections dans leur région, lors du dernier National Executive Committee (Nec), rapporte, vendredi, africtelegraph.

Un cadre du premier parti d’opposition camerounaise affirme que «la manoeuvre commence systématiquement par une minutieuse identification des fauteurs de troubles». Ce dernier souligne par ailleurs «qu’elle se termine par l’actionnement du fameux 8.2». Le 8.2, sorte de guillotine qui coupe les têtes de tous ceux qui sont fichés comme meneurs «d’activités politiques susceptibles de nuire à la réputation, aux intérêts et à l’efficacité du parti ou pouvant discréditer le parti».

Selon le journal en ligne, certains observateurs voient derrière la réunion annoncée comme une opération d’élimination des soutiens de Joshua Osih, dans la Région du Centre. Pour beaucoup de cadres du parti, Joseph Mbah Ndam, député du SDF et vice-président de l’Assemblée nationale, pèse de tout son poids pour la « dératisation » du parti dans la région indiquée.

En effet, cette circonscription est contrôlée par sa famille avec son beau-frère comme secrétaire général et son petit frère Boniface Mbah, comme conseiller juridique. C’est ce dernier qui aurait d’ailleurs convoqué le conseil de discipline pour exclure les «rebelles», apprend-on.

Afin d’y parvenir, note africtelegraph, le vice-président de la chambre basse du parlement sait pouvoir compter sur Joseph Lukong Banadzem, le président du groupe parlementaire SDF, à l’Assemblée nationale. Toute cette manoeuvre ne viserait qu’à fragiliser Joshua Osih, la figure montante de l’opposition. Il est question d’écarter ses soutiens ou à défaut de les éloigner des sphères de décision.

Très présent dans les médias et sur les réseaux sociaux, le vice-président de la commission du budget et des finances de l’Assemblée nationale est depuis 2012, le numéro deux du premier parti d’opposition, après en avoir été le représentant pour la province du Sud-Ouest pendant dix ans. Son avenir politique semble irrémédiablement lié à celui de John Fru Ndi.

«Si le chairman venait à lui céder sa place à la tête du SDF, cela lui ouvrirait les portes de l’élection présidentielle de 2018. La vieille garde veille encore au grain.

Dans leur ligne de mire, plusieurs cadres du SDF à l’exceptionnelle longévité : Joseph Mbah Ndam, Joseph Banadzem, Jean Tsomelou, son homologue au sénat et nouveau secrétaire général du parti, élu député en 1997. Courant 2016, le premier vice-président du parti, le député Joshua Osih a esquissé un semblant de révolte alors qu’il était régulièrement cité comme un possible successeur du chairman voire comme un éventuel candidat à la présidentielle. Il est désormais rentré dans les rangs et attend son heure», peut-on lire.

Auteur:
Otric NGON
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