Burkina Faso: Le gouvernement confirme avoir demandé le retrait des forces françaises

Par AA/Ouagadougou/Dramane Traoré | AA
Ouagadougou - 23-Jan-2023 - 17h07   3958                      
0
Soldats francais AA Images
Depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois au Burkina Faso, les relations diplomatiques entre Paris et Ouagadougou n’ont cessé de se dégrader.

Le porte-parole du gouvernement du Burkina Faso, Jean Emmanuel Ouédraogo, a confirmé lundi, que les autorités burkinabè ont donné un mois à la France pour retirer ses troupes présentes sur le sol burkinabè en vertu d’un accord militaire signé en décembre 2018.

"Cette dénonciation est dans l’ordre normal des choses. A plusieurs reprises les autorités françaises ont toujours indiqué la responsabilité des autorités burkinabè dans la présence des forces françaises au Burkina Faso. La secrétaire d’Etat française l’a rappelé lors de son passage récemment à Ouagadougou", a déclaré ce lundi, le porte-parole du gouvernement burkinabè à la télévision publique (RTB).

Pour lui, les forces françaises sont basées à Ouagadougou, à la demande du Burkina Faso et de ses autorités et il revient aux autorités burkinabè dans le cas échéant de demander leur départ et de dénoncer l’accord militaire qui permet à ces forces de se stationner à Ouagadougou.

"Cette dénonciation est dans l’ordre normal des choses parce qu’elle est prévue dans les termes de l’accord militaire qui permet le déploiement des forces françaises au Burkina Faso. L’article 16 prévoit cette dénonciation, une sorte de préavis qui laisse un mois à la partie française pour céder à cette requête", a précisé le porte-parole du gouvernement burkinabè.


Ouédraogo a assuré que cette dénonciation n’est pas liée à un évènement particulier. "Elle est liée seulement à la volonté des autorités de la transition et du soutien de l’ensemble du peuple burkinabè. C’est lié à une vision d’ensemble des Burkinabè pour gagner la guerre", a-t-il dit soulignant que le seul vide que cette dénonciation peut laisser dans cette guerre contre le terrorisme "c’est le vide que les Burkinabè eux même auront laissé".

 

- Le Burkina Faso va compter sur ses propres forces

"A ce niveau nous n’avons aucune crainte. Les Burkinabè eux même sont débout et feront en sorte que nous gagnons cette guerre", a insisté le porte-parole du gouvernement burkinabè.

Ouédraogo a rappelé que les autorités françaises ont toujours souligné le sacrifie que représente l’engagement de la France dans le Sahel de façon générale y compris bien sur le Burkina Faso. "C’est un sacrifie humain, mais au-delà du sacrifice humain c’est également un sacrifice économique. La vision de la transition aujourd’hui est que c’est les Burkinabè eux même qui vont consentir le sacrifice pour la libération de notre territoire pour la reconquête de l’intégralité du territoire et surtout pour la refondation", a-t-il fait savoir.

"C’est ça la dynamique, c’est ça la vision des autorités burkinabè, convaincues que les Burkinabè ensemble, dans un sursaut patriotique, des forces de défense et de sécurité et surtout des volontaires pour a défense de la patrie vont gagner cette guerre. Nous avons foi et nous avons la conviction que l’engagement actuel des Burkinabè va être décisif dans la victoire sur les forces du mal", a-t-il dit.

"Nous comptons sur nos propres moyens, sur nos propres ressources humaines pour pouvoir gagner cette guerre, Bien sûr nous attendons de nos amis, un soutien, mais un soutien sur le plan surtout matériel pour pouvoir nous accompagner dans l’équipement des volontaires pour la défense de la patrie, de nos militaires. Aujourd’hui ce qui nous attendons de nos amis c’est ce soutien matériel", a-t-il ajouté.

Réagissant dimanche soir, à cette décision du Burkina Faso, le président français Emmanuel Macron a déclaré que la France attend "des clarifications" soulignant que "les messages qui étaient sortis à ce stade relevaient d'une grande confusion".

"L’accord est clair, l’article 16 est clair, il s’agit donc en cas de dénonciation, d’un préavis d’un mois qui est donné à l’autre partie, au stade actuel nous ne voyons aucune raison que la partie française ne respecte pas les termes d’un accord qu’elle a signé", a répondu le porte-parole du gouvernement burkinabè.

Ouédraogo, a déclaré aussi que le Burkina Faso a demandé le remplacement de l’ambassadeur actuel de la France. "Nous avons reçu toutes les assurances que les autorités françaises vont accéder à cette requête dès cette semaine. Nous attendons de voir l’aboutissement cette semaine même de cette requête", a-t-il dit.

Depuis le coup d’Etat du 30 septembre 2022, le deuxième en huit mois au Burkina Faso, les relations diplomatiques entre Paris et Ouagadougou, déjà affectées par la montée d’un sentiment anti-français en Afrique, n’ont cessé de se dégrader.

Les emprises diplomatiques françaises ont notamment été prises pour cible par des manifestants hostiles à la France après le coup d’Etat tandis qu’en décembre dernier, le gouvernement burkinabè a décidé, la suspension jusqu’à nouvel ordre, de la diffusion des programmes de Radio France Internationale (RFI), accusant le média de "manquements".

AA/Ouagadougou/Dramane Traoré





Dans la même Rubrique