Adamou Ndam défend l’éthique

Par Denis Nkwebo | Mutations
Yaounde - 09-Mar-2006 - 08h30   51143                      
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Le président national de l’Udc s’est prononcé sur la crise morale qui secoue le Cameroun.
Mardi, 7 mars 2006, la rentrée politique de l’Union Démocratique du Cameroun (Udc) à Douala a connu une effervescence particulière. L’invité de marque à la cérémonie, Adamou Ndam Njoya, président national de cette formation politique de l’opposition, lors de la conférence de presse qu’il a donné en présence des responsables locaux nouvellement élus, s’est appesanti sur la dernière actualité au Cameroun, marquée par une croisade contre la corruption et un brouillant débat sur les mœurs. Il a décrit un contexte où les uns et les autres tendent à "aller au delà des émotions et des flux superficiels". Le président de l’Udc parlait en fait des gestionnaires tant au niveau public que privé, qui sont à l’origine des maux tels que la corruption, les fraudes, les détournements, la mal gouvernance. Et par ricochet, de la perpétuation de la pauvreté et la misère du peuple. Adamou Ndam Njoya justifie les maux actuels de son pays par une crise morale et éthique qui a fait son lit. "C’est depuis 1976 que j’ai commencé à professer l’éthique", a revendiqué le député-maire de Foumban. Le prophète n’est-il donc pas maître chez lui? Le leader de l’Udc estime que “mieux vaut tard que jamais". En effet, en rapport avec la vague des arrestations des gestionnaires publics qui ont été opérées ces derniers temps, il estime que le tout n’est pas d’arrêter quelques personnes. De son point de vue, il faut poursuivre la campagne d’assainissement qui a commencé, mais, en même temps, engager une réflexion pour la suite. "Il faut retoucher de fond en comble les institutions. Il faut créer des mécanismes pour mettre un terme à la gabegie. Il faut que le parlement soit plus responsable". Les militants et les journalistes attendaient Adamou Ndam Njoya au tournant de publiées par certains journaux; une question sur laquelle il s’était par ailleurs prononcé lors de ses précédentes sorties médiatiques. Ce dernier, qui visiblement ne perd rien à se répéter, a d’abord indiqué que l’homosexualité est interdite au Cameroun, avant d’expliquer par la suite que cette pratique est dangereuse au Cameroun, à plusieurs égards. "Les actualités politiques qui sont marquées par les questions des mœurs nous situent en ce qui concerne les actions et les réflexions à conduire", constate Adamou Ndam Njoya. C’est pourquoi le principal dirigeant de l’Udc invite à une révision de la formation et l’éducation, en y accordant une place importance à l’éthique et la morale. Pour y parvenir, il estime que le projet de société de l’Udc ainsi que la plate forme de la Coalition pour la réconciliation et la reconstruction nationales (Cnrr) donnent l’approche et le contenu de ce qui doit être entrepris dans les domaines politique, économique et social. Il faut se rappeler que lors de l’élection présidentielle de 2004, Adamou Ndam Njoya qui était le candidat du Cnrr, avait obtenu moins de 5 % des suffrages exprimés. Ce maigre score ne décourage guère le père de l’éthique au Cameroun. Ce qui importe pour lui, c’est que le gouvernement publie un calendrier où chaque mois les populations seront informées sur l’évolution de la mise en place des mécanisme devant déboucher sur des élections transparentes en 2007. Il s’agit notamment du suivi des inscriptions sur les listes électorales, de la délivrance des cartes d’électeur et du découpage des bourreaux de vote.




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