Cameroun - Aviation civile: L’OACI prépare un audit de l’aéroport international de Douala après les plaintes des compagnies aériennes

Par Otric NGON | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 09-Apr-2018 - 13h15   3469                      
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Aéroport de Douala Archives
En prélude à l’arrivée des experts de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), plusieurs familles riveraines de l’aéroport ont été détruites vendredi dernier, 6 avril 2018.

La traque des centaines de famille et opérateurs économiques anarchiquement installés sur l’espace aéroportuaire depuis plusieurs décennies est lancée, deux mois après les récriminations de 15 compagnies aériennes portées sur l’aéroport international de Douala, première place aéroportuaire du Cameroun.

En effet, plusieurs familles de l’arrondissement de Douala 2e, des quartiers Bois des singes, Youpwe notamment, ont vu leurs habitations détruites vendredi dernier par la police municipale de la Communauté urbaine de Douala.

«Il s’agissait de libérer le cercle de sûreté de l’aéroport international de Douala anarchiquement occupé par les populations ou les opérateurs économiques. Ce n’est pas une bonne publicité pour notre pays», a confié le Préfet du Wouri, Bertrand Mache. Selon ce dernier, les déguerpis avaient reçu des sommations, des marquages avaient également été effectués sur les zones destructibles depuis 2016.

«L’aéroport international de Douala doit subir un audit de l’OACI courant avril. Ce contrôle est susceptible de mettre entre parenthèses cet outil. D’où l’opération de ce vendredi qui a permis de déguerpir des personnes qui se retrouvent où il ne faut pas. Ce n’est qu’une opération à minima. La libération des zones de sûreté aéroportuaire se poursuivra», a poursuivi le préfet du Wouri.

Dans une lettre datée du 5 février 2018, les adhérents de la Airline Operators Committee (AOC) de Douala, l’association regroupant les 15 compagnies aériennes (Air France, Brussels Airlines, Turkish Airlines, RAM, Ethiopian Airlines, Asky, Karinou Airlines, Kenya Airways, South African Airways, Trans Air Congo, Rwandair, Air Côte d’Ivoire, Cronos, Ceiba et même la compagnie camerounaise Camair-Co) desservant l’aéroport international de Douala ont fait part aux responsables de cet aéroport de leur «préoccupation» sur l’état général de l’infrastructure.

Ces compagnies protestaient contre le mauvais entretien du matériel informatique et du matériel de piste (chariots, porte-conteneurs, etc.). Mais pas que. «Si on exclut quelques parties du cheminement des passagers, le bâtiment est d’une saleté repoussante : peintures défraîchies, murs décrépis, toilettes infréquentables, faux plafonds sales ou manquants, travaux d’aménagement abandonnés, huisseries fatiguées, branchements électriques ou informatiques incohérents aux circuits inconnus…», déplorait l’AOC.

Après cette dénonciation abondamment relayée par la presse, le ministre des Transports a réuni les différentes parties afin d’envisager des solutions. Au terme de la réunion du 24 février 2018 à Douala, deux semaines de travaux avaient été engagées. Cependant, le gouvernement promettait que d’autres travaux nécessitant des moyens conséquents seraient réalisés à long terme.

Rappellons qu’en 2016, l’Etat du Cameroun avait concédé un prêt de 46 millions d’euros (30 milliards FCFA) sur quatre ans de l’Agence française de développent (AFD) pour rénover l’aéroport de Douala. La première partie qui concernait la rénovation de la piste a été menée dès mars 2016.

Auteur:
Otric NGON
 @OtricNgonCIN
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