Cameroun - Crise anglophone: 64% des Camerounais seraient favorables au fédéralisme

Par Géraldine IVAHA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 05-Oct-2017 - 11h23   5985                      
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Cela fait pratiquement un an que des natifs des régions anglophones battent le pavé, expression de leur malaise et de leurs revendications. Les uns, les plus radicaux, s’arc-boutent sur la sécession. Alors que d’autres, et pas seulement les anglophones, pensent que le fédéralisme est la pièce du puzzle qui scellerait la réconciliation entre ces régions et l’Etat.

L’hebdomadaire Baromètre Communautaire paru ce 5 octobre estime que, lorsque les radicaux de la contestation anglophone projettent de proclamer leur indépendance le 1er octobre 2017, des militants du RDPC réagissent en convoquant une multitude de méga meetings dans les différentes régions du pays le même jour. Meetings au cours desquels les dignitaires du régime s’accrochent à l’unité et à l’indivisibilité du Cameroun.

Des quatre coins du pays, les militants du parti au pouvoir et des partis alliés rejettent donc l’idée de sécession. La thèse de la partition du pays ne fait pas l’unanimité, même chez les anglophones. John Fru Ndi, le chairman du SDF par exemple, rejette l’option de la scission comme solution à la crise anglophone.Beaucoup de leaders politiques anglophones et francophones sont du même avis.

Par ailleurs, dans le discours public des thuriféraires du régime, l’on se mêle cependant les pédales, le journal. Et l’on confond scission et fédéralisme, alors que la différence est nette. Sous couvert de l’indivisibilité, la liturgie de la parole des soutiens du régime s’oppose aussi au retour au fédéralisme.

Mais les pourfendeurs de la fédération semblent être minoritaires. Car, la majorité des Camerounais seraient favorable à cette forme d’organisation de l’Etat. C’est ce qui ressort de l’enquête sur la gouvernance au Cameroun publiée en juillet dernier par Foretia Foundation.

Comme le note ce rapport, un peu plus de 60% des sondés sont favorables à l’organisation fédérale de l’Etat. «En ce qui concerne le système de gouvernance, une majorité des personnes interviewées (60,2%) préfèrent le système fédéral, en lieu et place du système unitaire en vigueur. Sur le plan national, le fédéralisme est prôné dans les proportions suivantes: 47,7% (Centre / Sud / Est); 42,9% (Adamaoua/Nord/ Extrême–Nord); 68,3%(Littoral/Ouest) ; et 96,1% (Nord-Ouest/Sud-Ouest). Dans le même ordre d’idées, 44% des participants se réclamant du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais (RPDC) préfèrent un système fédéral », note ce rapport sur la gouvernance au Cameroun.

Selon le journal, plus de 72% de Camerounais pensent que le Cameroun ne remplit pas les conditions d’un pays démocratique, avec des disparités régionales, plus de 90% des natifs des régions anglophones pensant que le Cameroun n’est pas une démocratie. Une majorité de Camerounais laissent aussi entendre que les performances économiques de l’Etat ne satisfont pas les citoyens dans leur ensemble. « En définitive le gouvernement du Cameroun devrait prendre des mesures immédiates et procéder aux réformes institutionnelles appropriées. Le plus rapidement serait le mieux. Les Camerounais sont de plus en plus impatients car le changement est une condition du progrès », précise la Foretia Foundation.

Auteur:
Géraldine IVAHA
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