Cameroun - Faune: Le Parc de Waza (Extrême-Nord) en proie à une recrudescence des activités de braconnage

Par Yannick A. KENNE | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 10-Mar-2021 - 15h20   2070                      
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Parc national de Waza Archives
D’importantes espèces fauniques du parc, dont les lions, disparaissent au fil du temps en raison de cette activité illicite.

Le parc national de Waza dans la région de l’Extrême-Nord est victime ces derniers mois d’une intense activité liée au braconnage, qui contribue à réduire considérablement d’importantes espèces fauniques, révèle le trihebdomadaire L’Œil du Sahel paru ce mercredi 10 mars 2021.

Un témoin interrogé par nos confrères rapporte que «des hommes venus de part et d’autre du Tchad et du Cameroun ont élu domicile dans le parc avec leurs familles depuis deux mois. Dans la nuit, ils abattent les animaux. Aussi, ils s’accaparent des marres et se livrent à la pêche illégale», confie Sali Adam, le chef du village Hale.

Cette activité illicite est favorisée par plusieurs facteurs imputables à la fois aux chasseurs, mus par l’appât du gain, mais aussi aux pouvoirs publics, qui n’ont pas mis sur pied des mécanismes de répression assez solides au plan judiciaire pour dissuader les braconniers. A côté de ça, les autorités compétentes en matière de faune ont souvent procédé délibérément à l’élimination de certaines espèces pour en épargner des vies humaines.

«En août 2020, une lionne avait été tuée dans la localité de Hounangaré avec quatre lionceaux. Il y a quelques jours une lionne avait été abattue dans le Sultanat de Wouki dans l’arrondissement de Makary par les éléments du ministère des forêts et de la faune, et de la gendarmerie après qu’elle ait blessé une dizaine de personnes. Depuis une dizaine d’années, les éléphants ont déserté le parc de Waza, et se trouvent dans le Nord de Kousseri, dans le Mayo-Kani et dans le Mayo-Danay où ils détruisent les cultures de mil et tuent au passage des paysans qui tentent désespérément de protéger leurs champs», a confié un autre riverain au journal de Guibaï Gatama.

Pour remédier à cette situation pour le moins déplorable, il est urgent de procéder au renforcement de la lutte anti-braconnage et au suivi écologique en passant par les programmes d’aménagement et de valorisation des aires protégées, le déploiement des forces de défense spécialisées, le renforcement des effectifs et des équipements des éco-gardes..., préconise le journal.

Auteur:
Yannick A. KENNE
 @yanickken39
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