Cameroun - Justice: Un commissaire de police radié suite à une affaire d’agression sexuelle sur une fillette de 13 ans sourde-muette

Par Fred BIHINA | Cameroon-Info.Net
YAOUNDE - 04-Jun-2020 - 10h38   6890                      
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policier,(c) archives
Il lui était reproché de la complaisance dans la gestion de l’enquête relative à cette affaire. L’ancien policier avait saisi la justice. Il a été débouté.

C’est une histoire peu ordinaire que relate l’hebdomadaire Kalara dans son numéro en kiosque le 2 juin 2020. Georges Despères Ela, commissaire de police principal, a été radié des effectifs de la police en 2015 par un décret du Président de la République, suite à la gestion jugée complaisante d’une enquête relative à une agression sexuelle sur une fillette de 13 ans.

L’intéressé avait saisi le tribunal administratif afin d’être réintégré. Au bout d’une longue procédure, il a été débouté le 16 mai 2020.

Selon le récit des faits du journal, en septembre 2013, M. Mohamadou Bachir Cheick, un homme d’affaires de nationalité centrafricaine, avait déposé une plainte au commissariat de sécurité publique de Douala 2è au sujet du viol présumé de sa fillette de 13 ans, sourde-muette. Les faits, selon le plaignant, s’étaient déroulés dans un hôtel au quartier Bonanjo, avec pour mis en cause M. Ahmad Gavi, un commerçant pakistanais, ainsi que Régime Messoni et Salomé Enyegue Mbarga. Les suspects avaient été interpellés et gardés à vue au commissariat de police de 2è de Douala, dirigé à l’époque par l’ancien commissaire Georges Ela.

Mais à la grande surprise, les mises en cause avaient recouvré la liberté, à la suite d’un prétendu arrangement à l’amiable trouvé par les parties, moyennant une somme de 1,8 million de FCFA. Dans cette enveloppe, 600 000 FCFA devaient servir aux frais médicaux de la victime et 1,2 million de FCFA devaient être remis à l’iman du quartier Congo pour qu’il exorcise «le mauvais sort».

Un mois plus tard, le procureur général près la Cour d’Appel du Littoral a été saisi d’une dénonciation incriminant le commissaire Ela au sujet de la gestion de l’affaire sus évoquée. Il était accusé d’avoir aidé les suspects à prendre la fuite. C’est ainsi que le procureur général instruisait au délégué régional de la Sûreté Nationale du Littoral l’ouverture d’une enquête contre le commissaire Ela pour les faits présumés de «recel de malfrats» et «abus de fonction».

Ainsi débutaient les ennuis du fonctionnaire de police, qui ont abouti à sa radiation en 2015, pour insubordination et manquement à l’éthique et à la déontologie.

Auteur:
Fred BIHINA
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