Cameroun: l’APED veut sortir 315 enfants des trous miniers de Bétaré-Oya

Par Bernard BANGDA | Cameroon-Info.Net
BERTOUA - 12-Aug-2022 - 16h40   1156                      
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Un jeune de l'APED en pleine activité de fermeture d'un trou minier B. Bangda
L’Alliance pour la promotion de l’éducation et du développement (APED) voudrait donner la chance aux enfants de cette localité aurifère d’avoir une éducation saine.

En moins d’un an, l’APED a recensé 315 enfants  donc  les âges varient entre 3 ans et 6 ans 187 filles 128 garçons. 12 seulement disposent d’un acte de naissance et 92 de ces enfants sont refugiés centrafricains. L’information est donnée par le président de  cette association de jeunes, Carmelo Febadi, dans une communication faite le 8 août 2022 à Bétaré-Oya, localité aurifère de la région de l’Est du Cameroun. Pour la plupart, ces enfants ont été recensés sur le site de Mali, un village situé à environ 5 kilomètres de Bétaré-Oya.

Pour cette association qui bénéficie d'une attention particulière de l'autorité municipale et administrative, il est question d’encadrer ces enfants. A ce propos, l’équipe de M. Febadi entend ouvrir son premier centre préscolaire dans le village  Mali. Ainsi donc, l’APED est dans son élément : la lutte contre la déperdition scolaire dans les zones minières.

« C’est une cause noble mais qui nécessite de gros financements », souffle un riverain qui soutient l’option prise par l’APED. L’association a alors choisi de refermer les trous miniers laissés ouverts par les exploitants en porte-à-faux avec la législation minière et environnementale son cheval de bataille. Mais aussi sa source de revenus. « Pour la rémunération des étudiants qu'elle a engagés pour la collecte des données sur le nombre d'enfants dans les trous, l'association s'est engagée dans la fermeture des trous », déclare Carmelo Febadi. Qui expose ce système de financement : « Avec deux motopompes et quelques pelles offertes par une élite de la place, les jeunes repoussent en sens inverse les tas de terres aux abords des trous pour les renvoyer dans le trou en question. La poudre d’or qui en résulte est récupérée, collectée et vendue pour pouvoir supporter les différentes charges. » En utilisant ce système original qui associe fermeture des trous miniers et lavage des débris d’or, l’APED déclare « avoir déjà refermé plus d’une dizaine de trous sont déjà refermés.

Seulement, face au nombre élevé de trous à refermer, près de 750 au total, la logistique de l’APED s’avère insuffisante. « A présent, avec nos deux motopompes, nous devons faire deux semaines pour refermer un seul trou. Si nous en avions au moins 10, ce rythme passerait à un trou tous les deux jours. A cela s’ajoutent les frais de carburant et l’absence d’équipements de protection individuelle (EPI) », expose le leader de cette association jadis collectif des jeunes de Bétaré-Oya. L’ambition de cette association reste noble : « Commencer par l’encadrement des enfants de Mali et étendre les activités aux milliers qui écument les sites miniers dans les régions de l’Adamaoua et de l’Est ».

Bernard Bangda

Auteur:
Bernard BANGDA
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