Cameroun/Crise anglophone: Un journaliste tué par des séparatistes à Bamenda

Par AA / Yaoundé / Peter Kum | AA
YAOUNDE - 08-May-2023 - 13h56   9800                      
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Des soldats camerounais dans une rue de Bamenda, capitale de la région camerounaise anglophone du Nord-Ouest le 17 nove AFP/Archives/STRINGER
Il participait à une cérémonie "où il prestait comme imprésario", lorsque des séparatistes sont arrivés et lui ont tiré dessus, uniquement lui.

Dans le Nord-Ouest anglophone du Cameroun, « un autre journaliste a été tué par balle dimanche dernier à Bamenda, peu avant la tombée de la nuit », a alerté Paul Joël Kamtchang, directeur exécutif d’Adisi-Cameroun, une organisation de la société civile, active dans les domaines de l'information et de la gouvernance.

L’assassinat du journaliste Anye Nde Nsoh par des séparatistes, a été confirmé à Anadolu lundi 8 mai au téléphone par Peter Chenwi, maire de la commune de Bamenda 2e.

« Des séparatistes sont arrivés à la cérémonie où il prestait comme imprésario. Ils ont ouvert le feu sur lui et sont repartis à bord de leurs motocyclettes. Pour le moment, nous ne savons pas pourquoi ce journaliste a été leur cible, car ils n’ont tiré que sur lui, alors qu’il y avait plusieurs autres personnes », a expliqué le maire.

Selon le directeur exécutif d’Adisi-Cameroun, c’est « un mort de plus et de trop en zone anglophone alors que les habitants de ces deux régions ne demandent qu’à vivre en paix, loin des armes et de la violence ».

Fabien Offner, chercheur sur l'Afrique centrale à Amnesty International, a indiqué à Anadolu que c’est avec « tristesse » qu’il a appris le meurtre de ce journaliste dimanche à Bamenda, chef-lieu de la région anglophone du Nord-Ouest.

Anye Nde Nsoh était le responsable régional Nord-Ouest du journal "The Advocate". Il était également animateur des radios locales City FM et Rush FM, situées dans la région anglophone du Nord-Ouest.

Le Cameroun est 138è au classement de la liberté de la presse 2023 établi la semaine dernière par Reporters sans frontières (RSF).

Selon RSF, «le danger est permanent pour les journalistes camerounais, notamment pour ceux adoptant une ligne critique ou indépendante ».

Cette ONG a rappelé qu’en janvier 2023, le journaliste Martinez Zogo a été retrouvé mort, le corps gravement mutilé, cinq jours après son enlèvement. C’était le second assassinat de journaliste, après Samuel Wazizi en 2019 dans la ville de Buea en zone anglophone. En mars 2022, le journaliste Paul Chouta avait été enlevé puis agressé par des individus non identifiés.

Dans un rapport publié en 2022 sur la sécurité des journalistes en zone anglophone, Adisi-Cameroun a relevé que « les journalistes et les civils non armés qui ont choisi la neutralité et/ou qui ont soutenu l'un ou l'autre des camps sont également devenus des cibles » dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du pays.

« Pire encore, les groupes armés séparatistes ont opté pour l'option "Pas d'école" dans les régions touchées, alors que le gouvernement, de son côté, était déterminé à voir la reprise effective des cours dans ces régions. Ainsi, les journalistes qui prônaient la rentrée des classes sont devenus la cible des groupes séparatistes », a souligné dans son rapport, Adisi-Cameroun.

 

AA / Yaoundé / Peter Kum





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